La cour d'assises de Liège a poursuivi mardi le procès de Syuleyman Yasof, un Bulgare de 36 ans accusé de l'assassinat de son épouse. L'accusé était connu pour violences conjugales. Dans ce contexte, un agent de quartier était intervenu auprès du couple. Jaloux, Syuleyman Yasof était convaincu que sa femme avait noué une relation sentimentale avec ce policier. Les faits s'étaient déroulés à Liège, rue Bonne Nouvelle, le 1er mai 2009. Syuleyman Yasof n'avait pas accepté l'annonce formulée par son épouse Senie Manaf qui souhaitait le quitter. L'accusé avait prévenu un de ses amis qu'il allait tuer son épouse et ensuite se suicider. Il l'avait égorgée après lui avoir porté plusieurs coups de couteau. Senie Manaf avait annoncé quelques jours avant les faits à Syuleyman Yasof sa décision de le quitter. Elle souhaitait refaire sa vie loin, sans lui. Un voisin de ce couple a précisé que Syuleyman Yasof avait tenté de récupérer son épouse et d'entrer en contact avec elle par tous les moyens. Selon ce témoin, Syuleyman Yasof était en pleurs et n'acceptait pas l'idée de la séparation. Le jour des faits, c'est ce témoin qui a apporté son aide à Senie Manaf pour son déménagement. C'est aussi lui qui, après les faits, a été averti par Syuleyman Yasof qu'il venait de tuer sa femme. Un policier, inspecteur de quartier, avait fait la connaissance du couple dans le cadre de ses fonctions. Il avait aidé Syuleyman Yasof et Senie Manaf à faire les démarches relatives à leur changement de domicile et il avait réalisé des enquêtes administratives. Ce policier est aussi intervenu dans le cadre des violences familiales survenues au sein du couple. Il avait constaté que Syuleyman Yasof avait une certaine emprise sur Senie Manaf. L'épouse ne semblait pas parler librement en présence de son mari. Durant l'enquête, Syuleyman Yasof a révélé qu'il avait suspecté une relation sentimentale entre Senie Manaf et ce policier qui aurait pu adopter aux yeux de Yasof certains comportements personnels trop proches de la femme. Il est question au dossier d'échanges téléphoniques donnés par le policier avec son numéro personnel, de conversations dans le véhicule privé du policier ou de bises amicales échangées entre Senie Manaf et le policier. Ce policier a cependant précisé qu'il a toujours effectué ces démarches pour que son travail soit fait de la meilleure manière, pour maintenir un contact proche du couple et pour l'aider à sortir de ses difficultés. Senie Manaf semblait avoir peur de Syuleyman Yasof. Dans le cadre du climat de violences conjugales, le policier écoutait la victime et se montrait sympathique à son égard. Mais il conteste toute relation sentimentale ambiguë qui serait intervenue en dehors de sa mission.