Les témoins convoqués mardi devant la cour d'assises de Liège ont évoqué le climat de violences conjugales qui s'était installé entre Syuleyman Yasof et Senie Manaf. Face à son mari, la victime se comportait en femme soumise. Syuleyman Yasof tentait de contrôler ses actions et se montrait jaloux. Des voisins entendus mardi après-midi par le président Stéphane Goux ont évoqué des bruits de disputes assez fréquentes. Senie Manaf avait décidé de quitter Syuleyman Yasof après une nouvelle scène de violences conjugales qui s'était déroulée le 9 avril 2009. Un commissaire de police a confirmé que des mesures avaient été prises contre Syuleyman Yasof qui avait l'interdiction d'approcher sa femme. Les mesures étaient contrôlées par les agents de quartier. Mais Syuleyman Yasof a alors décidé de déménager, échappant au contrôle des policiers. Après la dispute du 9 avril 2009, Senie Manaf avait fait des démarches pour s'installer avec ses enfants dans un appartement de la rue Bonne Nouvelle. Elle avait signé un bail le 28 avril 2009, trois jours avant son décès. Un assistant social qui a rencontré le couple, dans le cadre des mesures imposées à l'accusé à la suite de faits de violences conjugales, a exposé que Senie Manaf se comportait en femme soumise. Si une question lui était posée, c'est Syuleyman Yasof qui répondait à sa place. La Cour a également entendu les institutrices qui ont dispensé des cours aux enfants de Senie Manaf. Celle-ci a été décrite comme une mère aimante, gentille, souriante et jolie. Elle était câline et attentive envers ses enfants. Selon les institutrices, les enfants n'ont jamais présenté de traces de coups. Mercredi, la Cour entendra les médecins légistes, le psychiatre et le psychologue.