La Cour d'assises de Liège a entamé lundi le procès de Georgette Jonckers, Pascal Gillot et Nathalie Van Kessel, trois Waremmiens accusés d'un assassinat par empoisonnement. Mais le procès a pris un faux départ car certains avocats de la défense ont réclamé que la Cour déclare les poursuites irrecevables. La Cour a suspendu les débats et lira un arrêt vers 14 heures pour statuer sur cette demande. Henri Vanhaeren, âgé de 76 ans, avait été retrouvé mort dans son appartement de la rue de Huy en novembre 2003. Après un constat de mort naturelle, il avait été inhumé tandis que sa compagne Georgette Jonckers avait hérité de sa fortune évaluée à 215.000 euros. Georgette Jonckers avait donné une partie de l'argent à son fils, Pascal Gillot , et à la compagne de celui-ci, Nathalie Van Kessel . Le couple ne reculait devant aucune dépense. L'héritage avait été épuisé en 2008. Georgette Jonckers était alors entrée en conflit avec sa belle-fille qui l'avait dénoncée. L'enquête avait révélé les complicités de Pascal Gillot et Nathalie Van Kessel. Henri Vanhaeren avait été drogué de somnifères durant trois jours avant d'être étouffé à l'aide d'un coussin. Georgette Jonckers, Pascal Gillot et Nathalie Van Kessel étaient en aveux sur les faits et sont désormais accusés par l'avocat général Véronique Laurent d'un assassinat par empoisonnement. Le procès devait débuter ce lundi par la lecture de l'acte d'accusation. Mais les conseils des trois accusés ont déclenché un incident de procédure. Sur base de l'arrêt Salduz rendu par la Cour européenne des Droits de l'Homme, la défense a relevé que les accusés ont été entendus sans la présence d'un avocat. Dans ce dossier, l'accusation repose sur leurs seules déclarations et dénonciations. Me Nève, suivi par les autres parties, a réclamé que la Cour déclare la procédure irrégulière ou écarte les déclarations concernées. Ces déclarations sont irrecevables, a estimé l'avocat. Elles fragilisent le dossier car elles constituent les seuls éléments à charge des accusés. L'ensemble des faits ne peut être jugé équitablement. La Cour a suspendu les débats jusque 14 heures pour rendre une décision sur cet incident. L'après-midi sera consacré à la lecture de l'acte d'accusation. Les accusés ne prendront la parole que mardi matin.