La fermeture de la ligne à chaud à Liège a suscité mardi un débat enflammé au Parlement européen, où les députés de tous bords politiques ont condamné la stratégie d'ArcelorMittal, sans toutefois s'accorder sur la réponse à y donner. Evoquée par certains, l'option d'un rachat est qualifiée de fumisterie par d'autres. Le Parlement européen avait organisé mardi à Strasbourg un débat sur les pertes d'emplois à Liège, mais aussi en Roumanie, où Nokia a décidé de fermer une usine. A l'instar de leurs collègues wallons, qui ont eux aussi débattu de la question mardi, les eurodéputés ont critiqué le cynisme du groupe sidérurgique. Comme souvent lors des débats organisés à Strasbourg au fil des délocalisations en Europe, ce sont surtout les députés des pays concernés qui ont pris la parole. Anne Delvaux a épinglé la stratégie fiscale d'ArcelorMittal qui a usé de tous les stratagèmes financiers et, en particulier les intérêts notionnels pour ne payer quasiment aucun impôt sur les derniers exercices. Il est plus que temps que l'Europe réagisse et cesse de subir, impuissante, les stratégies spéculatives venues d'ailleurs qui nous appauvrissent, a embrayé Frédéric Daerden . Selon lui, il faut contraindre ArcelorMittal, si l'entreprise ne veut pas respecter ses engagements, à vendre son outil de production à un repreneur afin de pérenniser l'activité. Isabelle Durant est allée plus loin en appelant à une reprise de l'outil par les pouvoirs publics. Vous l'avez fait pour Dexia, pourquoi pas pour la sidérurgie, a-t-elle lancé, au diapason de l'extrême gauche. Le député communiste français Jacky Henin a appelé à créer un groupe public européen de sidérurgie intégrée, adossé aux laboratoires de haute technologie de nos universités. Mais l'idée divise, jusque dans les rangs écologistes. Pour Philippe Lamberts, second parlementaire Ecolo à Strasbourg, la nationalisation est une fumisterie. L'Etat n'a pas vocation à devenir sidérurgiste, a-t-il dit. Interrogé par Belga, il a jugé très difficile de dire que la sidérurgie relève de l'intérêt général, à la différence du secteur bancaire, qui impacte toute l'économie.