Aimé Nyirindekwe, accusé de l'assassinat de son épouse, a été décrit mardi devant la cour d'assises de Liège comme une personne narcissique et égocentrique. Le psychiatre et le psychologue qui l'ont examiné ont évoqué un homme au fonctionnement rigide qui a le sens de sa propre importance.Aimé Nyirindekwe avait mis fin aux jours de son épouse la nuit du 29 au 30 avril 2013. L'accusé avait simulé un enlèvement avec demande de rançon. Le corps de Diane Uwacu Mirimo avait été retrouvé dans une voiture précipitée dans la Meuse. Le psychiatre Michel-Henri Martin a confirmé que l'accusé ne relève pas de la loi de défense sociale. Il est un homme qui tend à la dissimulation et au mensonge, qui n'accepte pas la vérité révélée lors de l'enquête. Face aux policiers, Aimé Nyirindekwe s'est montré combatif et insolent pour se positionner dans le déni de la réalité. Il ne supportait pas d'être contredit. Son attitude était dans le contrôle. L'accusé présentait une certaine frustration sexuelle dans les relations qu'il entretenait avec son épouse. Il avait un grand appétit sexuel alors que sa femme n'était pas demandeuse et se refusait à lui. Selon le psychologue Serge Garcet, Aimé Nyirindekwe présente une personnalité caractérisée par sa structure narcissique. Il est toujours prudent et maîtrise tout ce qu'il dit. Il s'aime beaucoup et il a le sens de sa propre importance. Il est dans la surestimation de ses capacités intellectuelles et s'attend à être reconnu comme une personne à qui tout est dû. Il manque d'empathie, a indiqué le psychologue. Les jurés ont aussi pu entendre le témoignage de la dame qui était la maîtresse d'Aimé Nyirindekwe à l'époque des faits. Cette dame est à l'origine des aveux partiels formulés par Aimé Nyirindekwe lors de l'enquête. Elle a confirmé qu'ils entretenaient une liaison sentimentale régulière et se voyaient essentiellement lorsque l'épouse d'Aimé Nyirindekwe travaillait. Selon le témoin, Diane Uwacu Mirimo avait découvert leur liaison. La maîtresse d'Aimé Nyirindekwe a révélé qu'il s'était confié à elle sur ses difficultés de couple, sur ses habitudes de fréquenter des prostituées et sur les difficultés financières qu'il rencontrait dans son couple officiel. Aimé Nyirindekwe lui avait aussi révélé qu'il avait tué sa femme et dissimulé le corps dans une voiture précipitée dans la Meuse. Dans un premier temps, elle avait décidé de se taire. Puis, elle avait incité Aimé Nyirindekwe à révéler les faits. Selon sa maîtresse, Aimé Nyirindekwe lui avait affirmé qu'il avait été attaqué par son épouse lors d'une dispute violente. Il affirmait l'avoir repoussée et qu'elle était ensuite accidentellement décédée. Les auditions des témoins se poursuivront mercredi. La cour a notamment décidé d'entendre cinq témoins qui résident au Rwanda en ayant recours à la vidéoconférence. Les autorités rwandaises ont assuré les autorités belges de leur entière collaboration quant à la mise en place de ce dispositif. Ces auditions auront lieu à partir de 14h00. - belga