Le Théâtre de Liège n'a pas oublié les nombreux Flamands venus aider les victimes des inondations. Pour un projet culturel sur le thème, il s'est naturellement tourné vers le NTGent. Sa directrice propose aux sinistrés de récolter leurs larmes.
Les inondations de 2021 sont toujours dans toutes les mémoires, elles nous touchent encore collectivement parce qu'on en a été victime ou parce qu'elles ont planté en nous la crainte que ça ne se reproduise... certains vivent un deuil depuis 5 ans, un deuil dont s'empare la culture : le théâtre de Liège collabore avec son homologue gantois pour proposer de début juin à début juillet un processus de gratitude et de réparation. Parler de ce qu'on a vécu collectivement, y réfléchir... comme cela se faisait dans les tragédies grecques.
La démarche ici est singulière : Barbara Raes, directrice artistique du théâtre gantois, sera à la manoeuvre. Spécialiste des rituels de deuils alternatifs, elle proposera des rencontres individuelles (une vingtaine par site) avec des victimes des inondations dans cinq communes forteenent touchées : Chaudfontaine, Angleur, Limbourg, Verviers et Eupen. Elle y restera à chaque fois plusieurs jours.
(c) Michiel Devijver
Elle organisera des rencontres individuelles dans une goutte de bois et de tissus, dans un temps long. Les sinistrés viendront parler de leur vécu. Seule condition : lui donner l'autorisation de récolter la première larme qui coulerait.
(c) Michiel Devijver
Elle rejoindra celles des autres participants dans une installation qui sera le monument de la commémoration, symbole durable de la mémoire collective et de la résilience. A terme il sera installé dans l'espace public, à Chênée. Avant cela, il sera inauguré le 15 juillet au théâtre de Liège en marge d'un concert d'An Pierlé
Pour participer à ce projet "Mémoires des eaux", il faut se reporter au site web du théâtre de Liège