Après l’incendie qui a touché quelque 3300 hectares dans les Hautes-Fagnes, le gouvernement wallon a présenté jeudi son plan de restauration du plateau des Fagnes, tout en tirant les premiers enseignements de la crise.
Un Comité à la restauration va être mis en place. Sa première mission sera d’évaluer précisément les conséquences de l’incendie, d’identifier les travaux à mener, les actions prioritaires et les administrations concernées. Un premier rapport est attendu dans les 15 jours. Le travail sera affiné quand les différentes parties de la zone sinistrée redeviendront accessibles.
La restauration devrait s’inscrire dans la durée. La ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq, estime qu’un plateau comme celui des Fagnes « ne se restaure pas en quelques mois » et évoque un travail de plusieurs années avec les forestiers, agriculteurs, scientifiques et associations.
Les premiers retours de l’incendie montrent, selon le Gouvernement, une bonne coordination globale des acteurs et une mobilisation importante des services de secours, pouvoirs publics, agriculteurs, entreprises, citoyens et partenaires européens, cela sous l’égide de la Province de Liège.
Plusieurs pistes d’amélioration ont toutefois été identifiées. La Wallonie va saisir le Comité de concertation pour travailler avec le Fédéral et les autres Régions, notamment sur les systèmes d’alerte à la population, après les difficultés rencontrées avec le 112 et BE-Alert. Le recours à des alertes automatiques par géolocalisation sera étudié.
La surveillance de la qualité de l’air, la coordination des recommandations sanitaires, la mobilisation de la Défense et le recours aux volontaires en période de crise seront également examinés. Le Gouvernement souhaite aussi intégrer le secours animalier dans les dispositifs de gestion de crise.
Une stratégie climatique à plus long terme
Au-delà de l’incendie des Hautes Fagnes, le Gouvernement adopte la première Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques. Elle concerne notamment les inondations, les incendies de milieux naturels, les vagues de chaleur, les sécheresses, la biodiversité ainsi que la protection des infrastructures, de l’agriculture, des forêts et des entreprises.
La stratégie fixe une vision à l’horizon 2060 et neuf objectifs à atteindre d’ici 2040. Un premier plan 2026-2030, comprenant une vingtaine de mesures prioritaires, doit être soumis au Gouvernement avant la fin de l’année.
Pour le ministre-président Adrien Dolimont, l’objectif est de « mieux anticiper les risques pour pouvoir agir plus efficacement lorsque nous serons confrontés à une nouvelle crise ».