Les premiers éléments de l'enquête sur l'incendie dans les Hautes Fagnes indiquent qu'un engin agricole qui était en train de faucher une parcelle pourrait être à son origine. Mais en est-on vraiment sûr ?
À la suite de l'incendie de 3.300 hectares qui a impacté la réserve naturelle des Hautes Fagnes dès le 14 août 2026, le parquet du procureur du Roi de Liège a ouvert une information judiciaire du chef d’incendie involontaire afin de déterminer les circonstances à l'origine du sinistre.
À ce stade de la procédure, les investigations se poursuivent activement. Plusieurs hypothèses sont examinées par les enquêteurs. Aucune conclusion définitive ne peut actuellement être tirée quant à la cause exacte de l'incendie. Selon les premiers éléments recueillis, l'origine du sinistre pourrait être liée à des activités ayant eu lieu à proximité du lieu de départ du feu, au moyen d’un engin agricole ; hypothèse qui fait l'objet de vérifications approfondies.
La parcelle qui était en train d'être fauchée appartient au Département Nature et Forêt qui confirme que des travaux de fauchage étaient en cours lors du début de l’incendie. Si cette hypothèse se confirme, ça serait donc accidentel.
Cependant, l’enquête doit encore durer plusieurs mois. Des experts sont encore sur place en ce moment pour confirmer cette version et explorer les autres. Mais nous connaissons déjà d'autres coupables.
Pour allumer un feu, il faut un comburant, l’oxygène dans ce cas, une source de chaleur, mais aussi un combustible. Le 14 août, les Hautes Fagnes venaient de subir successivement 3 vagues de chaleurs extrêmes, presque sans pluie. La végétation était extrêmement sèche, et ça, ce n’est pas de la société à qui appartient l'engin.
Les changements climatiques dus aux activités humaines ont changé cette année les Hautes Fagnes en parfait allume-feu. Alors oui, il est absolument nécessaire de comprendre ce qu’il s’est passé ce 14 août et quelle source de chaleur a entamé l’incendie. Mais n’oublions pas que les climatologues s’accordent à dire que ces mégafeux que nous allons de plus en plus endurer sont directement liés à l’inaction face aux changements climatiques.
Selon ces mêmes experts, il est toujours temps d’agir pour limiter ses conséquences. Voici comment le GIEC conseille d’agir :
Que peut faire chaque personne pour limiter le réchauffement à 1,5 °C ?
Les individus peuvent être sensibilisés et formés grâce au transfert de connaissances, afin qu’ils puissent agir dans différents rôles. Dans chacun de ces rôles, chacun peut contribuer à limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5 °C.
Les citoyens disposant de connaissances suffisantes peuvent s’organiser et exercer une pression politique sur le système. Les personnes qui servent de modèles peuvent montrer l’exemple aux autres.
Les professionnels (par exemple les ingénieurs, les urbanistes, les enseignants et les chercheurs) peuvent faire évoluer les normes professionnelles en cohérence avec la décarbonation. Par exemple, les urbanistes et les architectes peuvent concevoir des infrastructures permettant de favoriser une mobilité et une utilisation de l’énergie faiblement carbonées, notamment en rendant la marche et le vélo sûrs pour les enfants.
Les investisseurs fortunés peuvent élaborer des stratégies visant à se désinvestir des énergies fossiles et à investir dans des technologies neutres en carbone.
Les consommateurs, en particulier ceux qui appartiennent aux 10 % les plus riches de la population mondiale, peuvent limiter leur consommation, notamment en matière de mobilité, et rechercher une qualité de vie compatible avec une consommation durable.
Les décideurs politiques peuvent soutenir les actions individuelles dans certains contextes, non seulement au moyen d’incitations économiques, comme la tarification du carbone, mais aussi grâce à des interventions qui tiennent compte de la complexité des processus de décision, des habitudes et des routines.
Ces interventions comprennent notamment l’aménagement des choix et les « nudges » (incitations comportementales) qui font des options écologiques le choix par défaut, l’abandon progressif des carburants bon marché comme l’essence ou le gazole, l’augmentation des taxes sur les produits fortement émetteurs de carbone, ou encore le renforcement substantiel des réglementations et des normes afin de favoriser l’évolution des normes sociales. Ces mesures peuvent ainsi être efficaces au-delà du seul effet des incitations économiques directes.