L’Université de Liège réagit après l’entartage d'un professeur en plein cours par plusieurs individus masqués. La rectrice dénonce une « agression ».
Pour la rectrice de l’Université de Liège, les images ne laissent guère de place au doute. « Lorsqu’on regarde cette vidéo, c’est de la violence. C’est une agression contre un professeur de l’Université de Liège, au sein de l’Université, dans une classe de cours devant les étudiants ».
Plusieurs individus masqués ont fait irruption dans un auditoire où le professeur Damien Ernst donnait cours. Une action que la rectrice condamne, estimant qu’elle ne contribue en rien au débat : « Cela ne fait pas du tout avancer le débat. Au contraire, ça polarise encore davantage les positions. »
Une collaboration avec Thales au cœur des tensions
L’action vise notamment la collaboration entre l’Université de Liège et Thalès, une entreprise liégeoise active dans l'armement, autour de programmes liés à l’intelligence artificielle. Un partenariat conclu il y a plus d’un an et qui a déjà fait l’objet de discussions avec des étudiants.
La rectrice rappelle que l’ULiège n’interdit ni n’impose les programmes de recherche liés à la défense, mais qu’elle a choisi de les encadrer, notamment à travers un Comité éthique.
Des étudiants siègent au comité de vigilance des relations internationales, mais pas au comité consacré aux programmes de défense. Un choix que la rectrice justifie notamment par les exigences de confidentialité liées à certains projets et que l’Université « assume ».
Elle souligne toutefois qu’à ce stade, rien ne permet d’affirmer que les auteurs de l’action sont effectivement des étudiants de l’ULiège. « Ils se revendiquent comme tels. Mais nous allons laisser l’enquête avancer et voir si nous pouvons identifier des membres de la communauté universitaire. »
Des suites judiciaires ou disciplinaires envisagées
Une enquête est désormais ouverte. L’ULiège se réserve la possibilité, en concertation avec Damien Ernst, d’engager des poursuites judiciaires ou des procédures disciplinaires si les personnes concernées sont membres de la communauté universitaire.
L’incident pose également la question de l’accès aux bâtiments universitaires. Mais la rectrice ne souhaite pas, à ce stade, remettre en cause le caractère ouvert de l’institution en généralisant, par exemple, un accès par badge comme cela se pratique dans certaines universités étrangères.
« Ce n’est pas l’image que nous voulons donner d’une université », explique-t-elle, avant de réaffirmer le principe qu’elle entend défendre : « Le pluralisme est fondamental pour l’Université de Liège. Le pluralisme nécessite le respect mutuel. »