À quelques jours de leurs débuts à l’hôpital, près d’une centaine de futurs assistants de l’Université de Liège participent à des bootcamps de simulation. Une façon de s’entraîner aux gestes et situations qu’ils rencontreront auprès de leurs patients.
Dans une salle de réanimation pédiatrique, Mélissa tente de réanimer un enfant. Face à elle, pourtant, pas de véritable patient, mais un mannequin. La jeune assistante peut donc répéter les bons gestes, sous le regard attentif de ses titulaires, et surtout se tromper sans conséquence. « Je ne me sens pas prête encore à commencer, alors c’est un bon moyen d’apprendre et de faire face à des situations d’urgence sans conséquences immédiates », se rassure la jeune assistante en pédiatrie.
C’est tout l’intérêt de ces bootcamps organisés à l’Université de Liège. Avant de commencer leur nouvelle vie professionnelle, les futurs assistants sont confrontés à différentes situations qu’ils pourraient rencontrer dans les services hospitaliers. Réanimation, chirurgie, anesthésie, pédiatrie… Les exercices sont adaptés aux différentes spécialités. « Le but, c’est vraiment qu’ils soient confrontés à leurs erreurs, pour apprendre et faire en sorte que ça ne se reproduise plus dans des situations réelles », explique une formatrice anesthésiste.
Pour ce faire, tout a été pensé : simulation procédurale, simulation contextuelle, ou encore changement de décor pour placer les assistants dans des situations inédites. Ils peuvent ainsi réaliser un massage cardiaque ou une césarienne sur un mannequin, ou encore participer à des simulations d’erreurs, comme dans une salle d’anesthésie où un élève doit repérer une dizaine d’erreurs. « La spécialisation laisse peu de place à l’erreur. Tout est important et à vérifier avant chaque intervention. L’idée ici, c’est donc que les assistants s’en souviennent », raconte l’anesthésiste.
Développée à l’ULiège depuis 2017, la simulation médicale est aujourd’hui devenue une priorité pour la Faculté de médecine. Le Centre SMILe, pour Simulation Médicale Interdisciplinaire, travaille notamment avec le Centre de simulation hospitalier et universitaire. À l’origine utilisée dans la formation médicale de base et pour les spécialisations, la simulation s’est progressivement étendue à de nombreux types de formations.
« L’objectif est double : rassurer les futurs professionnels, mais aussi leur permettre d’arriver dans les services avec déjà quelques réflexes. Les formations restent théoriques. En six ou sept ans, on doit apprendre beaucoup de choses, et ici, c’est le moment d’assimiler beaucoup de choses sur le terrain », explique le doyen de la Faculté de médecine, Edouard Louis.
Car dans quelques jours, les mannequins laisseront place aux vrais patients. Pour ces futurs assistants en pédiatrie, chirurgie, anesthésie ou médecine d’urgence, les exercices réalisés aujourd’hui serviront alors de première expérience avant leurs premiers pas sur le terrain.