Marc Legrain a soutenu lundi lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Liège qu'il n'avait pas l'intention de tuer Jérôme Mary mais qu'il a tenté de le blesser au genou lorsqu'il a fait feu à deux reprises sur lui le 2 août 2008. Selon lui, c'est l'accumulation de différends avec ce voisin qui l'a conduit à commettre ce geste. Lors de son interrogatoire par le président Philippe Gorlé, Marc Legrain a décrit le parcours de sa vie. Né de père inconnu, l'accusé a abandonné ses études et n'a jamais obtenu de qualification. Durant son service militaire, il a été impliqué dans une bagarre et a été interné par la justice militaire. A sa sortie de l'armée, il a encore été jugé en justice pénale pour des faits de vols et de nouveau interné. Marc Legrain s'est engagé à l'âge 20 ans à la Légion étrangère durant 4 ans et a fait la guerre en Algérie. Après une blessure de guerre, il a été pensionné de la Légion et a multiplié les emplois en France et en Belgique. Il a été condamné en 1970 pour prostitution dans le cadre d'une activité de tenancier de bar à hôtesses. Il s'est ensuite exilé en Espagne et au Danemark où il a été moniteur de voile et cafetier. Marc Legrain s'est marié en 1976 à une compagne plus jeune de 18 ans que lui. C'est en 1994, divorcé, qu'il s'est installé dans l'immeuble de la rue de Serbie. Marc Legrain a rapporté qu'il a été opposé à plusieurs de ses voisins dans des scènes d'injures et de coups. Il n'appréciait pas les déjections canines déposées devant sa porte. Sur quatre maisons, il y avait sept chiens. Il était impossible de faire entendre raison à tous ces propriétaires, a précisé l'accusé. Legrain reprochait à Jérôme Mary de ne pas s'être bien occupé de sa femme décédée de maladie. Il le suspectait de voler son courrier ou d'abuser de la carte de parking handicapé de son épouse décédée. Enfin, il lui reprochait d'être à l'origine de sa prochaine expulsion de l'immeuble. Le jour des faits, Marc Legrain prétend qu'il a été déstabilisé car Jérôme Mary l'a insulté. Je suis allé chercher mon arme chargée car j'avais l'idée initiale de lui faire sauter une rotule pour le faire souffrir. Pour le premier coup de feu, j'ai décidé de viser la hanche alors qu'il entamait la montée de l'escalier. Je pensais l'avoir manqué car il continuait à monter cet escalier. J'ai tiré un second coup alors qu'il était de face. Mais je n'ai pas tiré dans l'intention de le tuer, a détaillé Marc Legrain. Parmi les premiers témoins entendus, des voisins ont rapporté qu'ils ont été souvent impliqués dans des altercations verbales déclenchées par Marc Legrain. Le propriétaire de l'immeuble avait décidé de l'expulser. Les médecins légistes et experts en balistique seront entendus mardi matin.