L'artiste plasticienne Tatiana Bohm présente sa vision des conséquences du colonialisme et de l'extractivisme, qui ont donné naissance au capitalisme. Installations, caricatures, gravures, paysages ... chaque technique renforce son propos
"Sonne le glas" invite à la méditation. Cette installation composée de douilles d'obus, suspendues et surmontées chacune d'un mécanisme d'horlogerie, nous laisse entendre un tic tac permanent ponctué des sons cristallins des carillons. Elle matérialise notre rapport au temps tout en évoquant les milliers de morts provoqués par les différents conflits au fil des siècles. Dans une autre pièce, Tatiana Bohm nous invite à nouveau à remonter le temps. Elle a retravaillé des gravures réalisées au 16ème siècle par le Liégeois Théodore de Bry. Sans jamais se rendre dans le Nouveau Monde, il a dessiné, et documenté, les atrocités que les Conquistadors y ont commises. Par ces gravures, Tatiana Bohm nous rappelle la première grande entreprise de colonisation occidentale. Un peu plus loin, ce sont des paysages de sites d'extraction qu'elle représente à travers des paysages et un reliquaire d'extraction. L'artiste propose aussi une série de caricatures, des visages monstrueux nés de l'association de caricatures de moines véreux du Moyen-Age et de portraits de grands de ce monde. Enfin, dans les très belles caves voutées du bâtiment, le visiteur est accueilli par des fusains réalisés au charbon de bois symbolisant les cadavres laissés suite aux déplacements forcés et à l'exploitation des terres colonisées.
Quant au titre : "L'or des fous", c'est une référence au pyrite. Ce métal qui brille comme de l'or sans un être et qui a trompé bon nombre de prospecteurs en quête de richesse.
L'exposition est à voir à l'Espace 251 Nord, 251 rue Vivegnis à Liège, jusqu'au 22 novembre.
Tatiana Bohm sera présente pour guider les visiteurs les samedis 3et 24 octobre ainsi que le 14 novembre, à 15h00.