Place Saint-Léonard à Liège, les enseignants étaient une nouvelle fois dans la rue. Mais cette fois, le ton change et plusieurs bonnes nouvelles sont annoncées par la ministre Glatigny. À la clé, un meilleur accompagnement des élèves et un soutien renforcé au personnel éducatif.« Que des bonnes nouvelles. Nous n'allons pas perdre 10 %, mais engager 10 % d'enseignants et nous allons diminuer la charge de travail, en ce 1ᵉʳ avril », explique une fausse Valérie Glatigny.Malheureusement pour les enseignants, cette annonce est un poisson d'avril. Des enseignants qui soulignent une fois de plus le sous-financement et des réformes qui ne prennent pas en compte la réalité du terrain. Ils appellent la ministre à venir dans leur classe et non à se référer à de soi-disant experts pour mettre en place les réformes. « Qu'elle donne cours, pourquoi pas ? Comment est-ce qu'on peut gérer le budget de l'enseignement si on ne sait même pas ce que c'est ? Alors, elle va dire qu’elle a enseigné. C'était il y a combien de temps ? Et pendant combien de temps ? Et quel cours ? Et dans quelle école et avec quelle réforme à ce moment-là ? Donc la société a changé, en fait. Et ça, il faudrait à un moment donné que les politiques s'en rendent compte », explique Virginie Conceicao, professeur d’anglais et d’espagnol.Des enseignants qui contestent les mesures d'économie, la hausse du temps de travail et la surcharge des classes. Ils dénoncent aussi une précarisation de la profession, des pertes d'emplois potentielles et une dégradation de la qualité de l'enseignement. « En ce moment, l'enseignement qualifiant est en train de glisser vers la formation pour adultes. Et en fait, c'est vraiment problématique pour les élèves. Ils risquent de ne pas avoir accès au CESS, de ne pas avoir accès à des études supérieures. Et on ne veut pas d'une école à deux vitesses », explique Céline Dumoulin, professeur d’anglais et de néerlandais.Les enseignants se retrouveront une fois de plus à Bruxelles le 9 avril pour manifester contre les mesures de la Fédération Wallonie-Bruxelles.