Les différentes parties ont présenté leurs répliques mercredi matin devant la cour d'assises de Liège au procès de Romain Schreul et de Marie Hélène Malmendier. Les différents intervenants ont rappelé qu'ils soutiennent des thèses radicalement opposées. Les représentants des victimes et l'accusation ont réclamé la culpabilité des deux accusés tandis que leurs défenseurs ont plaidé leur acquittement. Romain Schreul répond des deux meurtres par empoisonnement de Kanchana Raemkhonburi et de Béatrice Malmendier ainsi que de cinq recrutements de tueurs dans le cadre de projets d'assassinats. Sa maman, Marie Hélène Malmendier , seconde accusée, l'aurait aidé dans son projet d'éliminer des témoins gênants. En répliques, les avocats des parties civiles ont soulevé les contradictions qui ont été plaidées par la défense lors des plaidoiries principales. Me Vandeberg, qui défend les intérêts de la famille de Kanchana Raemkhonburi, a insisté sur le fait que l'épouse de Romain Schreul a bien été empoisonnée. Elle n'était pas suicidaire, elle n'était pas égoïste et elle n'a pas choisi d'abandonner sa famille car elle aimait la vie, a-t-elle répliqué. Me Stokis, avocat du beau-père de Romain Schreul qui était aussi une cible potentielle, a répété qu'il considère que l'accusé présente les caractéristiques d'un tricheur et d'un menteur. Me Rodeyns, avocat d'une ancienne amie de Schreul visée elle aussi par le projet d'élimination, a insisté sur le binôme que Romain Schreul formait avec sa maman. Lorsque Marie Hélène Malmendier conteste l'élément moral des infractions qui lui sont reprochées, c'est parce qu'elle ne peut plus contester les éléments matériels avérés. C'est une histoire carnavalesque que de tenter de faire croire aux jurés qu'elle n'a pas posé ces actes en connaissance de cause. Elle n'est pas une passive idiote, ni un élément accessoire. Elle a comploté dans le même projet que son fils et elle en connaissait l'issue, a souligné l'avocat. L'avocat général Pascale Schils a elle aussi souligné lors de son réquisitoire l'importance du rôle joué par Marie Hélène Malmendier. Elle a apporté une aide indispensable en transmettant l'enveloppe qui contenait les instructions à destination d'un tueur recruté, a-t-elle relevé. Le ministère public a relevé une dernière fois tous les éléments qui ont permis de confondre Romain Schreul sur les faits d'empoisonnement de sa tante et de son épouse. Mme Schils a réclamé que Romain Schreul soit déclaré coupable de ces faits. La défense de Romain Schreul a affirmé lors de sa réplique que le dossier a été bâti sur des sables mouvants. Me De Quévy a soutenu que son client n'a pas empoisonné sa tante et son épouse, tout en soutenant que les enquêteurs ont exclusivement travaillé à charge dans le but de le coincer. Selon l'avocat, les faits relatifs à la planification d'exécutions sont le résultat d'une provocation policière mise en place pour l'enfoncer. Les avocats Judith et Martin Orban ont confirmé leur demande d'acquittement en faveur de Marie Hélène Malmendier, en soulignant qu'elle n'aurait pas eu une totale connaissance d'un projet d'élimination de personnes. Les jurés doivent encore recevoir des explications sur la procédure avant d'entrer en délibération.