André Grenier
Entre colère du terrain, contraintes budgétaires et réformes à organiser, André Grenier défend une école plus stable, davantage d’anticipation et un respect mutuel entre enseignants, élèves et parents.
À propos de cet épisode
Une rentrée scolaire sous tension, des enseignants qui expriment leur colère et des réformes qui continuent de s’accumuler : pour sa première rentrée comme administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement, André Grenier arrive au cœur de plusieurs dossiers sensibles. Invité d’Actu L, il revient sur les inquiétudes du terrain, les contraintes budgétaires et les choix qui pourraient encore faire évoluer l’école dans les prochaines années.
Des réformes qui arrivent trop vite
À la tête d’un pouvoir organisateur qui représente quelque 500 écoles, 200.000 élèves et étudiants et 30.000 membres du personnel, André Grenier revendique une connaissance à la fois pédagogique et gestionnaire de l’enseignement. Mais il insiste surtout sur la nécessité de rester en contact avec les écoles, les directions et les enseignants.
Son constat est clair : si les réformes doivent être appliquées, leur rythme et leur mise en œuvre ont parfois été sous-estimés. Il évoque notamment les difficultés provoquées par des décisions prises tardivement, obligeant les directions à travailler sur plusieurs scénarios et les enseignants à recevoir certaines attributions à la dernière minute. Pour lui, l’enjeu est désormais d’obtenir davantage d’anticipation et un calendrier plus lisible des prochaines transformations. Découvrez dans la vidéo pourquoi il estime que certaines décisions doivent être préparées dès maintenant.
Citoyenneté, langues et économies : plusieurs pistes sur la table
André Grenier défend aussi plusieurs propositions concrètes. Parmi elles : le passage à deux périodes de cours de citoyenneté et philosophie dans l’enseignement officiel. Il y voit à la fois un projet pédagogique autour du respect, des croyances et de la citoyenneté numérique, mais également une piste permettant de réaliser des économies sans supprimer d’emplois.
Autre sujet sensible : les langues modernes dans le tronc commun. Il souhaite que l’apprentissage d’une seconde langue étrangère puisse intervenir plus tôt que la quatrième secondaire. La pénurie de professeurs de néerlandais et les futures grilles horaires compliquent cependant l’équation. Sur ce point, l’administrateur général attend encore des décisions et refuse de considérer comme acquise une réforme qui n’aurait pas encore été votée.
La colère des enseignants entendue, mais pas éludée
Face au mécontentement du corps enseignant, André Grenier affirme comprendre la lassitude provoquée par une succession de réformes et par les efforts budgétaires demandés. Il rappelle toutefois que la situation financière de la Fédération impose, selon lui, de rechercher des économies. Sa réponse passe davantage par des synergies entre pouvoirs organisateurs, notamment dans les bâtiments scolaires ou certains outils pédagogiques, que par une simple addition de contraintes pour les enseignants.
Il refuse également de qualifier systématiquement le métier d’enseignant de « pénible ». Il le décrit comme un métier difficile et exigeant, marqué par la préparation des cours, les corrections et une charge administrative croissante, tout en estimant nécessaire de préserver son attractivité dans un contexte de pénurie. La nuance qu’il apporte à ce débat mérite d’être entendue dans son intégralité dans l’entretien.
À Liège, la question du respect au centre des tensions
La fin de l’échange se concentre sur l’autorité de l’enseignant et sur la situation particulièrement tendue à Liège. André Grenier appelle les parents à faire confiance aux professionnels de l’éducation et défend fermement le respect dû aux enseignants, tout en rappelant que celui-ci doit rester mutuel envers les élèves.
Dialogue avec les organisations syndicales, droit de grève, enseignants souhaitant continuer à travailler, risque de décrochage des élèves : les équilibres sont délicats. André Grenier se veut constructif et appelle à remettre les différents acteurs autour de la table. Regardez l’entretien complet pour découvrir ses réponses, ses propositions et les nuances d’un débat qui dépasse largement la seule rentrée scolaire.
Actu L
Actu L, un talk-show avec une invitée liégeoise ou un invité liégeois qui fait l’actualité...
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