Jonas Gerkens
Du bateau familial de son enfance au passage du Cap Horn, Jonas Gerckens raconte un parcours fait de persévérance, de grandes courses, d'envie croissante de transmettre et de besoin viscéral de Liège !
À propos de cet épisode
De Liège aux océans, Jonas Gerckens a construit un parcours où la persévérance compte autant que la performance. Invité d’Actu L, le skipper belge revient sur une vie très tôt liée à la mer, mais aussi sur l’importance de ses racines liégeoises. Entre souvenirs d’enfance, compétition au plus haut niveau et projets à venir, il raconte comment la voile s’est imposée comme le fil conducteur de son existence.
Une enfance entre Liège, Saint-Malo et la mer
Jonas Gerckens et la mer, c’est une histoire qui débute dès l’enfance, sur un bateau construit par son papa à Liège et avec lequel la famille navigue autour de l’Europe durant quatre années. Au départ de cette aventure, Jonas a deux ans

La famille s’installe ensuite à Saint Malo avec le projet de construire un autre bateau, il tombera à l’eau. Jonas est scolarisé dans la cité corsaire
« J'étais à l'école primaire intra-muros, et à 50 mètres de l'école, il y avait la plage d'une part, et l'école de voile aussi. Là, j'ai vraiment appris à faire des nœuds, à régler un bateau et des voiles, etc. Et puis j’y ai vu le départ de ma première Route du Rhum quand j'avais six sept ans. Même avec mes yeux de gamin, je me disait c'est magique ces bateaux de course et qu'est-ce qui se passe derrière l'horizon quand on les voit plus ? ça me fascinait »
Dix années de débrouille avant le déclic
Après un retour en Belgique où il suit un parcours de sport-étude judo, le futur skipper retourne en Bretage à l’école de voile des Glénans, une institution en France
« Il y a des milliers de passionnés de voile et qui veulent apprendre à faire de la voile, qui passent par là.
Ils ont une section qui permet d'être bénévoles au pair. L’hiver on apprenait le métier de réparation et d'entretien d'un bateau à tous les niveaux, et à côté de ça, quand on faisait quatre semaines de chantier, on avait droit à une semaine de formation pour devenir moniteur.J’ai été moniteur permanent pendant deux ans au Glénans et ça m'a vraiment appris à être à l'aise en mer, et avoir les les bons réflexes de sécurité, d'analyse météo, etc. »

Le chemin vers le professionnalisme est long. Jonas Gerckens enchaîne les petits boulots, notamment en conserverie ou comme docker, afin de financer ses entraînements et ses courses. Pendant près de dix ans, il évolue dans le circuit Mini. Une victoire majeure en 2014 sur « Les Sables, les Açores, Les Sables ». change progressivement la donne et lui permet de prouver qu’il peut rivaliser avec les meilleurs. Il sera meilleur mondial sur ce type d’embarcations
Le moment charnière, ce sera 2016 où un gros sponsor le contacte. Il suit le marin depuis deux ans. Jonas devient un professionnel à 100% alors qu’un mois avant, à l’aube d’une nouvelle saison, usé par les difficultés à trouver des financements, il avait failli raccrocher son ciré. Commence alors une décennie de collaboration et une série de grandes aventures sportives, dont la Route du Rhum 2018. Il y signe ce qu’il présente comme le meilleur résultat belge de l’époque en Class40, accomplissant un rêve né lorsqu’il était enfant à Saint-Malo.
"C'est mon rêve de gosse. Quand j'étais gamin, je courais sur les pontons pour aller chercher un autographe des meilleurs skippers de l'époque. Et en 2018, de réussir ce défi-là à ma première Route du Rhum avec pas mal de galères, et en plus de battre le meilleur score belge en Class40, oui, c'était vraiment génial, c'était tout. Tout était rempli »
La suite c’est une victoire sur la Fastnet Race en 2017, une quatrième place à la Transat Jacques Vabre en 2021, un titre de vice-champion d'Europe de course au large mais aussi un abandon pour cause de malade lors de la Route du Rhum 2022
Du traumatisme de 2022 au Cap Horn
Le projet du marin prend ensuite une dimension plus collective après la rencontre de son désormais complice Renaud de Hareng, c’est le projet Belgian Ocean Racing avec des participations à des courses au large, comme le Globe 40 que l’équipe a terminé à la deuxième place en 2026, permettant au marin liégeois de devenir "cap hornier" mais aussi la découverte et l’aide à de jeunes pépites belges de la voile, telles Djemila Tassin. Jonas reste skipper et continue la course au large, mais il endosse aussi désormais des fonctions de manager

Vincent Oliveaud
Route du Rhum, tour du monde...
Son prochain grand rendez-vous reste la Route du Rhum, avec un objectif d’abord simple : rejoindre la Guadeloupe et tourner la page de 2022. Puis viendront d’autres défis, notamment un nouveau Globe40.

Vincent Oliveaud
Sans oublier Liège !
La mer est son terrain de jeu, la Bretagne sa base de travail, mais le port d’attache de cœur de Jonas Gerkens, c’est Liège. Il en parle dans chaque conversation !
« C'est très important. Moi, je suis fan de la ville de Liège, c'est mon port d'attache permanent… revenir ici, revoir mes copains, revoir un match du Standard de temps en temps, …c'est d'une importance cruciale dans ma vie … ma compagne est liégeoise.. J'ai ce besoin-là de revenir dans ma ville, de la redécouvrir, de manger de bons boulets, de faire la fête avec les copains d'enfance… »
S’il le pouvait, Jonas Gerckens s’entraînerait entre le pont Atlas et le Pont de Fragnée !
Entre performance, management, transmission et retour régulier à Liège, Jonas Gerckens trace désormais une trajectoire plus large que celle d’un marin solitaire. Découvrez dans la vidéo l’intégralité de son récit, ses souvenirs du large et sa manière d’envisager la suite.
Actu L
Actu L, un talk-show avec une invitée liégeoise ou un invité liégeois qui fait l’actualité...
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